Ce lundi, coach Féfé et Albless, accompagnés de Zaroide ont lancé leur deuxième FAQ sur Twitch. L’occasion de faire le bilan de cette saison OWL du côté de Paris Eternal. Le Frenchimari a une seconde fois fait chauffer ses tentacules pour vous faire un récap des points importants évoqués dans ce live, toujours classés par thème.



Bilan OWL

Comment se sentent les joueurs en cette fin de saison ? Quel est le sentiment prédominant ?

“Je dirai que les joueurs ont le même sentiment que nous, à savoir qu’ils sont à la fois insatisfaits dans un sens avec ce sentiment d’inachevé, qu’on aurait pu faire mieux mais quand même contents de l’expérience humaine et professionnelle que nous apportée cette première saison. Au final qu’on a jamais lâché, on est resté une équipe jusqu’au bout. On est un petit peu frustré parce qu’on pensait faire mieux mais en même temps on est satisfait de ce qu’on a vécu et de ce qu’on a réussi à construire tout au long de la saison. Un petit goût d’inachevé mais pas dans le mauvais sens du terme, plutôt dans le sens qu’on a envie de faire mieux, de faire plus la prochaine fois. On est quand même globalement content de cette 14ème place encourageante au vu de la saison qu’on a eue, et de finir notamment devant des équipes avec des moyens bien plus importants. »

Quel a été ton discours de fin de saison ?

“Globalement j’ai vécu une bonne saison, j’en ai retiré que du bon. Evidemment personne ne sait ce qui va se passer l’année prochaine pour le moment. Ça a été un plaisir et un honneur, j’étais fier de pouvoir coacher cette équipe. J’avais fait mon maximum pour les aider à se développer en tant que joueurs et en tant que personnes surtout. Au plaisir de travailler avec eux à l’avenir et avec le reste du staff. Une note positive sur cette fin de saison !”

Sur les deux derniers matchs, les joueurs semblaient plus détendus. La pression était particulièrement dure sur les précédents matchs ?

“Sur ce stage 4 de manière générale, je voulais terminer sur une bonne note, qu’on soit satisfait de ce qu’on a fait. On a eu cette tendance qui est celle des équipes jeunes, à savoir vouloir se reposer sur des plans stratégiques plutôt que sur le jeu. Avoir confiance en nos capacités individuelles, à développer du game sens, s’adapter aux situations. Le call c’était de jouer au jeu. S’il y a un pick et qu’on veut switch dessus, dans la limite des picks décidés en entraînement. Par exemple SoOn jouait Widow sur telle map, il avait le droit de switch sur Sombra, McCree et un troisième pick. Il avait une certaine liberté qui lui permettait de s’exprimer un peu plus. Les joueurs ont pris plus de plaisir à jouer, et ont mieux joué.”

Quel est votre favori et votre outsider pour les playoffs ?

“Mon favori serait Vancouver Titans de par leur expérience ensemble, leur capacité à répondre présent dans les matchs importants contre de grosses équipes.

Mon outsider est Atlanta, c’est l’équipe qui m’a le plus surpris sur ce stage. Ça va dépendre du patch aussi, mais aujourd’hui Atlanta est en roue libre. Ils jouent très très agressifs, et la méta Mei-Reaper leur colle à la perfection vu que c’est une équipe qui all-in à fond, toujours prête à faire le premier move, qui se pose pas beaucoup de questions. Ils ont Erster, quoi.”

Féfé

“Mon favori est SF Shock pour plein de raisons. Ils sont très forts, et c’est l’équipe que je soutenais en saison 1. Ils ont moyen de faire quelque chose. Paris n’étant plus dans la course, la voie est libre pour SF Shock.

Mon outsider est Atlanta car l’équipe a su conserver cette hype et ce momentum. Sinon j’aurai dit Guangzhou Charge il y a quelques temps mais je les trouve moins impactants aujourd’hui.”

Albless

“Je dirais SF Shock, en termes de régularité ils sont impressionnants, j’ai l’impression qu’ils ont aussi un petit temps d’avance peut être sur une équipe comme Vancouver. En fait ils sont bons sur beaucoup de styles de jeu et c’est ce qui me fait dire qu’ils pourront peut être surprendre leur adversaire. En outsider, j’attends de voir ce que London Spitfire ferait sur des matchs qui comptent vraiment.”

Zaroide

Quelle a été votre plus belle émotion durant l’année ?

“La victoire contre Philly. On a subi depuis que je suis arrivé 2 reverse sweep chauds à encaisser contre Boston et Valiant et là de réussir celui-là, c’est le moment où j’ai eu l’émotion la plus forte. On était tous ensemble, on avait envie de gagner, tout le monde était debout, on se soutenait, il y avait beaucoup d’énergie. C’était une étape importante de ce stage 4 pour tout le groupe.”


Albless

“C’était globalement au niveau du stage 2 après le départ de daemoN quand je suis passé head coach. On a voulu régler beaucoup de problèmes internes à l’équipe, liés à la compatibilité des joueurs, leur communication entre eux, le fait qu’ils ne s’aimaient pas forcément tous les uns les autres. Un jour j’ai pris tout le monde dans la salle du fond, car en scrims ça commençait à s’engueuler, ça commençait à hausser le ton. J’ai poussé un énorme tromblon. C’était un électrochoc nécessaire où j’ai mis tout le monde devant ses responsabilités, le staff compris. On ne voulait pas être une équipe qui se parle mal, qui se fait pas confiance, qui ne communique pas, qui ne peut pas justement se dire “voilà t’as fait cette erreur, mais je te dis ça pour t’aider, pas pour te blâmer”, qui ne se dit pas les choses en face… On a eu ces problèmes en stage 1 qui n’étaient pas visibles mais plutôt sous-jacents. À un moment ça pète, ce genre de choses. Ça a été l’émotion la plus forte pour moi.”

Féfé

Qui a le plus progressé dans l’équipe sur cette saison ?

“Je dirais Finnsi, car entre sa D.Va et celle qu’il a réussi à développer, il y a une grande différence. Il a beaucoup progressé sur Roadhog. Il est parti de plus loin, il a eu du retard, mais il a aussi eu la marge de progression la plus importante. »

Albless

“Finnsi c’est le joueur qui a demandé le plus de ressources au staff. Il a eu beaucoup de coaching individuel. Il a progressé humainement, il a grandi sur certains points et j’espère que ça lui servira tout au long de sa carrière ! Pour moi le joueur qui a le plus progressé dans l’équipe c’est Kruise. Il a step up au niveau du leadership, à la fois ingame et en dehors. Mécaniquement c’est un très bon joueur, c’est un ancien joueur de DPS, il est très flexible, il peut jouer plein de picks. Son Baptiste est vraiment très bon. Je suis content de ce qu’il a fait et ce qu’il est devenu.”

Féfé

La méta va-t-elle changer avec Sigma ?

“Je pense que Sigma va en tout cas faire bouger les choses de toute façon, c’est un nouveau perso qui rentre dans le mix et en plus on a pas pas trop de choix niveau tanks à l’heure actuelle. L’arrivée d’un nouveau perso fait bouger davantage les choses qu’un patch puisque tout ce qu’il va pouvoir apporter a un impact sur le kit des autres personnages. Je pense pas que ça soit non plus radical. Ça va prendre du temps mais il va y voir un impact. Ça peut pas se jouer avec tout, probablement pas en main tank.”


Management de l’équipe

Comment garder le moral des joueurs quand les résultats ne suivent pas spécialement ?

“Je pense que ça fait partie du boulot d’une certaine manière, dans un format aussi long et intense que l’OWL. Au final, les stages c’est long. On peut se dire qu’on a atteint notre meilleur niveau, qu’on est juste moins bons. Ce genre de questions va se poser pour les joueurs, et pour les fans. Les doutes s’installent. Au final il faut faire en sorte que la confiance ne disparaisse pas, c’est là tout l’intérêt de faire des VODs, de discuter avec les joueurs, de montrer où on a fait des erreurs, montrer qu’il y a toujours un axe d’amélioration. Et aussi de conserver une atmosphère très positive, car c’est celle-ci qui fait que le groupe continue d’exister, qu’on est toujours une famille, qu’on continue d’avancer et de travailler au quotidien. Je sais que dans certaines équipes où l’atmosphère n’est pas bonne, il y a un give up général, les joueurs n’ont plus envie de jouer, plus envie de venir. On a vécu des phases un petit peu comme ça, mais on a lutté contre, on a poussé des coups de gueule pour rappeler à tout le monde qu’on était quand même dans un milieu professionnel, que c’était notre travail et que tout le monde devait se donner à fond. Sinon derrière, on a eu un groupe qui s’est battu jusqu’au bout et je pense que c’est le plus bel achievement pour moi cette saison. Ce n’est pas le ranking, mais c’est le fait que les joueurs n’ont jamais baissé les bras, on s’est amélioré niveau mental, car au début on s’écroulait quand on commençait à perdre nos matchs. Les derniers stages, ça a été peu le cas. On a failli faire un reverse sweep contre L.A et on en a fait un contre Philly, chose impensable au début de la saison ! Aujourd’hui le mental n’est plus un problème.”

Que peut faire un joueur sur le banc pour aider l’équipe ?

“Ce qui est important c’est de réussir à créer un esprit, une énergie, un collectif où tout le monde se sent impliqué. La meilleure attitude d’un joueur sur le banc c’est un joueur qui est là, qui suit ce qu’il se passe, qui donne des insights, des conseils à ses mates, qui est là pour donner de l’énergie, motiver. C’est pas parce que t’es benched que tu n’apportes plus au groupe, au contraire il faut faire plus d’efforts pour réussir à s’y intégrer et à avoir un impact mais je pense que idéalement j’aimerai voir un groupe comme ça, qui saute de joie quand un fight est gagné, quand on arrache une map. Faire partie de l’aventure tout autant que les joueurs sur le terrain.”

Albless

“J’ai quelques exigences par rapport aux joueurs du banc, ils doivent être présents à l’office pour voir le reste de l’effectif, communiquer avec l’équipe. Ils doivent au moins spectate un bloc, participer aux VODs. Mais d’une certaine manière, c’est une position difficile à supporter. Je suis plus dans la communication avec eux et s’il y a des jours sans, c’est pas dramatique. On va pas lui mettre un gros coup de pression s’il pense un petit peu plus à lui plutôt que penser à l’équipe, c’est normal de penser ça. J’ai vécu ça au basket, passer de titulaire indiscutable à tous les matchs à joueur du banc en catégorie plus âgée. C’était dur pour moi d’être motivé pendant les matchs, parce que je n’aimais pas ma situation perso. Il faut prendre du soi, ça fait partie du job. Ça demande un sacrifice personnel, pas à la portée de tout le monde.”

Féfé

Est-ce que vous faîtes beaucoup de VODs ?

“On en a fait beaucoup en début de saison parce qu’il y avait tout la méta GOATS à apprendre à beaucoup de joueurs qui n’ont pas connu cette méta. Il a fallu mettre en place les plans, déterminer la façon dont on allait jouer. Petit à petit on a réduit le temps de VODs qui s’est transformé plus en temps spécifique de correction pour essayer de corriger les situations, détails ou maps sur lesquelles on avait des problèmes en fonction de ce qu’on retrouvait d’un point de vue statistique. Maintenant on a 2-3 h de VODs par jour, contre 4h de VODs avant. C’était très lourd, pas un schedule amené à durer sur le long terme.
En début de stage on fait beaucoup de jeu, parce qu’on doit travailler les joueurs, déterminer quelle est la méta. Analyser la situation n’est pas très intéressant quand les matchups ne sont pas prédéterminés. Ensuite derrière on fait plus de VODs et un peu moins de scrims pour justement plus travailler sur ces petits points précis.”

Est-ce que vous organisez des sorties avec l’équipe pour renforcer les liens entre les joueurs ?

“C’est important qu’on soit un groupe, une famille. On a tous quitté nos quotidiens, nos proches pour ce projet commun. C’est important qu’on puisse en tant que groupe être un peu des familles de substitution, sur lesquelles on peut compter, en qui on peut avoir confiance. Ça passe aussi par le fait de passer du temps ensemble à l’extérieur. Faut que ce soit quelque chose dont les gens ont envie. Si on a une bonne ambiance de travail, qu’on s’entend bien et qu’on travaille intelligemment c’est plus facile d’avoir envie de faire des choses. On essaye d’organiser des trucs : se balader, boire un verre, aller manger ensemble, faire des activités. C’est ce qu’on essaye de promouvoir. Hier c’était le dernier match, on a voulu marquer le coup et quelque chose ensemble.”

Albless

Est-ce que tu arrives à faire des liens entre le haut niveau dans le sport et dans l’esport ? Gestion du stress, concurrence saine, préparation physique et mentale ?

“Oui, des liens existent. Pas mal de techniques que j’ai apprises et que j’ai utilisées dans le sport traditionnel sont réutilisables dans l’esport. J’essaye de les adapter car ce ne sont pas les mêmes contraintes, les mêmes exercices. La préparation physique moins, mais la préparation mentale est bien plus importante dans l’esport. On a des bases générales qui sont les mêmes, qu’on peut réutiliser mais il faut s’adapter au milieu.”

As-tu des objectifs de résultats en tant que head coach ? Si oui, qui te les fixe ?

“Non, je n’ai pas d’objectifs de résultats. C’est plutôt l’organisation elle-même qui détermine ses objectifs et décide d’allouer un budget en fonction. Si tu veux faire top 1, il va falloir allouer un gros budget. Si tu veux juste te qualifier en play-in, le budget sera plus bas. Ce sont des questions de management qui vont se retranscrire dans mon travail.
Je suis au poste où si les résultats ne sont pas là, je suis en première ligne. Mais il y aussi une relation de communication, de confiance avec le management pour déterminer ce qui a fonctionné et ce qui doit être amélioré. C’est pas parce qu’il n’y a pas de résultats que je fais mal mon travail, même chose si on a de bons résultats ! Beaucoup de gens sur Overwatch considèrent que le coach est responsable des victoires et des défaites.
Je pense que les objectifs se fixent au fur et à mesure de la saison. Au niveau du management et de l’organisation avant la saison, donc ça n’inclut pas le head coach à ce niveau-là. Et derrière ensuite, on va voir le head coach et selon les objectifs et les moyens alloués, y’a des discussions pour savoir s’ils sont réalisables ou non. En tout cas, les objectifs sont réalisés de manière collective.”

On te voit beaucoup partager les CoachingQuote sur Twitter mais si tu devais choisir actuellement le coach qui t’impressionne le plus dans le management et la tactique, lequel prendrais tu ?

“Y’en a deux. Coach K dans le basket universitaire et Gregg Popovich, le coach de San Antonio, qui dit le plus de choses en lien avec ma philosophie de coach.”

Est ce que vous avez des échanges avec le staff de l’OWL pour améliorer le fonctionnement de la league ?

“On push pour avoir les stats des joueurs IG, % de dégâts dans le shield, % de discord sur la D.Va. Ce que faisait Winston’s Lab en grande partie en fait, mais depuis que l’un de ses fondateurs a été recruté par Toronto, ils ont arrêté de le faire.”


Le futur de l’équipe

Des changements à venir dans le roster ?

“Cette question va d’abord dépendre du management, des budgets de l’année prochaine, donc des décisions pas encore prises. Ça va dépendre du marché aussi. Changer de joueurs, pourquoi pas, mais s’il n’y a pas mieux sur le marché, est-ce que ça vaut le coup de le faire ? Ou si on veut plutôt garder de la cohésion… Il faut voir aussi en fonction du staff, rien n’a été décidé à tous les postes. Aujourd’hui ce sont des négociations entre tous les différents acteurs qui ont participé à la saison. Rien n’est décidé à l’heure actuelle mais il pourrait y avoir des changements à l’avenir. Mis à part le management qui est obligé d’avoir un peu d’avance sur ces questions-là pour préparer la suite, notre travail est de se focus sur le présent donc ce sont des questions qui vont se soulever avec ce staff ou le prochain.”

Au sujet de la difficulté à scrim contre des équipes lorsque l’on joue hors-méta.

“Le truc le plus frustrant que j’ai ressenti cette année c’est cette mini mafia qui existe dans le top des équipes, et ce sont surtout des équipes coréennes, car les joueurs se connaissent de l’APEX etc. Les tops teams ne s’entraînent qu’entre elles. Ce n’est pas dramatique mais le problème c’est surtout quand on veut changer un petit peu la méta. Je vais prendre l’exemple très clair qu’on a ressenti et Chengdu Hunters aussi. Pendant une semaine, ils ne trouvaient pas de scrim car personne ne voulait, ayant un style de jeu trop particulier. Nous en stage 2, on est parti sur des compositions à base de DPS et au final on s’entraînait avec des équipes qui jouaient tank mais qui n’avaient pas de très bons niveaux. Arrivé en match, on tombait contre des équipes bien plus disciplinées, avec de meilleurs individualités et ce qu’on faisait ne marchait pas ou marchait moins. Si on avait eu de l’entraînement contre ces équipes, on aurait pu adapter ces compositions mais comme on n’avait pas l’occasion de s’entraîner contre elles, on s’est retrouvé dans la situation où on était obligés de revenir en arrière et de rejouer la méta pour espérer les battre. Si les grosses équipes ne changent rien, la méta restera la même. Ils dictent la méta. Et finalement au stage 3, quand NYXL a commencé à jouer Sombra GOATS, et ça a relancé tout le système. On a vu que les tanks se sont écroulés avant même que la 2-2-2 apparaisse. Il a fallu attendre que les grosses équipes décident de sauter le pas. Shanghai a remporté le stage 3, et ils jouaient DPS.”

Comment ressentez-vous le fait de voyager de ville en ville et de pays en pays pour saison 3 ?

“Je dirai inquiet tout d’abord, parce que ça va être des conditions de travail et de vie très difficiles. Pour moi non, j’ai l’habitude. Mais pas pour tous les joueurs… De base l’esport ce sont des gamins qui jouent dans leur chambre au début, puis après en OWL ils ont dû vivre à l’étranger, loin de leur famille, de leurs amis, avec un rythme soutenu. En rajoutant les trajets, je vais pas vous le cacher, ce planning est abusé. Avec le format homestand, avec des équipes en déplacement très souvent, il va falloir un groupe soudé, capable de jouer ensemble, plus que d’excellents joueurs je pense. Plus les effectifs seront petits, plus l’équipe sera stable sur l’année je pense. Un roster à 12 joueurs, compliqué ! Avoir un petit groupe de 8 ou 9 avec qui tu crées une structure, où t’as le temps de passer du temps avec les joueurs, gérer la préparation mentale, la préparation psychologique, est bien mieux.”

Vous avez commencé à 4 coachs, vous finissez à 3 coachs. Des changements à venir dans le coaching staff ?

“C’est vrai qu’on a commencé avec un effectif plus élargi qu’on a dû réduire avec le départ de Julien. On n’a pas recruté d’autre assistant coach pendant la saison car recruter un coach c’est recruter un membre qui va structurer l’équipe, et on voulait le faire correctement. Tester proprement avant, voir s’il y avait une synergie. Il faut déterminer nos nouveaux besoins, car le départ de DaemoN a redistribué un peu les cartes au niveau des rôles. Je suis passé de player development coach à head coach. On a changé un peu la structuration de ce coaching staff donc on a voulu déterminer nos besoins avant de savoir quel profil on allait recruter. Pour l’année prochaine, une personne de plus serait mieux surtout pour faire du travail individuel sur les joueurs.”

Du nouveau pour Paris Academy ?

“Paris Academy fait clairement partie des plans en 2020. La prochaine saison des Contenders est en 2020, on a jusqu’à la fin de l’année. Si je reste à Paris, j’aimerai avoir une équipe académie qui puisse permettre de s’entraîner contre mais aussi développer des talents plus jeunes pour l’avenir. Je pense qu’il y a un gros marché de ce côté-là. Aujourd’hui il y a une vraie bulle au niveau des salaires et des achats des joueurs. Ça coûte très très cher d’acheter un joueur. Un centre de formation est l’avenir à ce niveau-là dans la compétition. Ça demande du temps de scouter des joueurs et ça c’est quelque chose que peu de coachs ont, du temps. Je pense que le métier de scout qui existe dans le sport traditionnel va se développer dans celui de l’esport. Comme l’a fait Philly avec des joueurs comme Alarm. Ils ont une valeur complètement débile sur le marché actuel et peuvent permettre à Philly d’avoir un retour sur investissement sur ces joueurs, ou internaliser ses joueurs pour leur équipe, et ne pas dépenser d’argent sur ces joueurs-là. C’est un business model viable pour moi sur le long terme, dont les équipes devraient s’inspirer.”

À quand une vidéo interne avec la visite des locaux ?

“C’était des contenus que Paris souhaitait faire, qui n’ont pas eu lieu. Mais ça fait partie des plans de Paris de faire des insights, d’internaliser la communication. Jusqu’ici c’est une entreprise externe qui s’occupe de notre communication. Ça fait partie des ambitions de l’an prochain d’être plus proche de notre communauté.”

Que pensez-vous du calendrier de Paris de cette année ?

“Je pense qu’on a eu un calendrier plutôt even. D’un côté on a joué des équipes qui sont censées être des équipes faibles et qui ont pop-off au moment où on les a jouées : Guangzhou Charge, Chengdu Hunters, Washington Justice. Mais d’un autre côté, étant en division Atlantique, nos matchs étant quand même plus simples que ceux de la division Pacifique. On a affronté moins de grosses équipes. On a la place qu’on mérite au final, et on ne peut pas reprocher ça au calendrier !”

Envisagez-vous de recruter des joueuses ?

“Je trouve que c’est bien que l’esport se développe au niveau féminin, avec toutes les barrières qu’il y a pourtant. C’est mieux qu’il n’y ait pas de ligues exclusivement féminines ou masculines mais plutôt des ligues communes mixtes, car il n’y a pas de raisons qu’il n’y ait pas d’athlètes féminines dans l’esport. Autant dans le sport y’a une barrière physique, c’est une réalité. Dans l’esport, non. Cela va soulever des problématiques au sein des effectifs, et il faudra encadrer le comportement de certains joueurs. Ce sont des problématiques qu’il va falloir gérer. À un moment si personne ne prend de risque, si tout le monde considère ça comme un frein, ça avancera jamais. Il faut garder l’esprit ouvert. C’est comme quand on veut recruter un joueur parce qu’il parle telle langue. On met en place des dispositions, un traducteur, quelqu’un qui lui apprend la langue, pour que cela fonctionne ! Sinon, on l’envisage tout autant que recruter un athlète masculin. Pour le moment on n’en sait rien.”

Pensez-vous que dans le futur de l’OWL, des training drills pourraient être mis en place (notamment grâce au workshop) dans des séances d’entraînement en opposition avec l’entraînement actuel uniquement basé autour des scrims ? Un peu comme dans le sport traditionnel. 

“Les workshop permettent de développer des outils de travail individuels et oui j’espère, je pense qu’à terme ça va être intéressant et ça va se faire. Ça va permettre de travailler l’aim bien mieux que Aim Hero puisqu’on sera directement sur le jeu, le joueur aura la même sensation de jeu. Ça va permettre de travailler ce genre de qualité individuelle de manière plus précise. C’est une demande qu’on a faite à Blizzard très tôt, comme les stats intégrées au jeu, qu’on n’a toujours pas.” 

Vas-tu aider l’Équipe de France maintenant que la saison OWL est terminée ? Quelle team est votre fléau en scrims ?

“Là déjà je vais prendre du repos. C’est l’année la plus fatigante de ma vie. C’était un marathon OWL sur de longues périodes, je vais avoir besoin de repos. Après je vais être sollicité par rapport à l’année prochaine, il va y avoir du boulot. Si j’ai du temps libre je vais faire comme l’année dernière, j’essaierai de venir assister à quelques scrims et donner un coup de main.”

Au sujet des équipes composées de 12 joueurs ou avec un effectif plus réduit.

“Je vois ce que tu veux dire, quand t’as une sister team tu peux t’entraîner mais toutes les équipes qui l’ont vécu, d’un point de vue humain c’était un carnage : Fusion, Spitfire, Dynasty. Sur le papier c’est très beau d’avoir 12 joueurs mais dans le quotidien, le fait d’accepter que t’es dans l’équipe B, et qu’il n’y a pas vraiment de transition vers l’équipe A, c’est compliqué. D’un point de vue psychologique ça crée des problèmes. Si t’es un très bon teamplayer, ça t’affecte moins, t’as juste envie de travailler mais si t’as pas des gars qui sont que des teamplayer… Pour moi la meilleure solution c’est d’avoir un petit groupe de joueurs OWL et une académie avec cet entraînement interne, cette confrontation avec deux joueurs OWL qui peuvent faire quelques matchs en Academy. Ça, ça va demander une géolocalisation. C’est le problème avec Paris, si demain on a une Academy, elle sera géolocalisée en Europe. Nous on sera en NA la plupart du temps donc les entraînements se feront avec du ping. On pourra pas prendre des joueurs academy pour les faire jouer en homestand à Washington par exemple. Ça fait des trajets en plus, des problèmes logistiques. Le mieux c’est d’avoir une bonne équipe académie comme Envy, Dallas, Atlanta aujourd’hui.”


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